Chère Lena, vous avez récemment obtenu à nouveau la recertification TourCert et figurez parmi les DMC de Latinconnect qui accordent une importance toute particulière au tourisme durable. Quand les bases de cette démarche ont-elles été posées et quelles responsabilités cela implique-t-il ?
La durabilité a toujours été une priorité pour Neptuno Colombia ; toutefois, notre approche initiale était naturellement assez rudimentaire, car nous avions beaucoup à apprendre et les infrastructures locales en la matière étaient alors peu développées. Nous avons obtenu une certification nationale dès 2014, ce qui nous a offert un excellent point de départ pour structurer nos initiatives et approfondir véritablement le sujet. Néanmoins, compte tenu de notre présence sur le marché international, nous avons opté en 2017 pour le label TourCert, une certification mondiale plus exigeante. La gestion de cette démarche fait désormais partie intégrante de notre quotidien : en tant que responsable du développement durable, je coordonne notre système de RSE, pilote le suivi des données et assure la formation des équipes. C’est un processus continu, mais qui s’avère extrêmement gratifiant.
Quels sont les domaines d'action sur lesquels vous travaillez en permanence ?
Nous distinguons clairement ici les domaines d'action internes (bien plus simples) des domaines externes. En interne, nous nous concentrons sur des gestes qui peuvent sembler anodins mais qui, cumulés, font une réelle différence : tri des déchets, utilisation de produits d'entretien écologiques, renoncement aux plastiques à usage unique et achat de produits locaux pour le bureau. À l'extérieur, l'accent est mis sur la gestion de la chaîne d'approvisionnement, et plus particulièrement sur la sensibilisation de nos partenaires (hôtels, transporteurs, guides) ainsi que sur leur évaluation interne, afin de garantir des opérations « propres » et équitables. La protection du climat constitue un autre axe d'action majeur : nous compensons déjà directement les émissions propres de Neptuno et avons mis au point une méthode de calcul complète pour déterminer les émissions moyennes de CO₂ par voyage, servant de base aux options de compensation que nous proposons à nos clients. - - - -- - - -
Quels obstacles avez-vous rencontrés lors de la mise en œuvre de vos objectifs de durabilité, et avez-vous constaté des changements au fil du temps ?
L'un des défis majeurs a consisté à mettre en place, au fil des ans, un système adapté à nos opérations quotidiennes. Aujourd'hui, nous disposons enfin de données et de chiffres fiables, exploitables pour suivre les progrès et identifier les lacunes. La protection du climat constitue un autre enjeu d'actualité : nous avons constaté que proposer la compensation carbone sur la base du pur volontariat aux clients ne fonctionne malheureusement guère ; c'est pourquoi nous travaillons actuellement à l'intégrer de manière automatique et obligatoire à tous nos voyages, dans les meilleurs délais. L'offre locale a connu une évolution positive : alors que les produits durables se faisaient rares par le passé, la prise de conscience s'est considérablement accrue aujourd'hui. Des organismes tels qu'ACOTUR et FONTUR apportent un soutien précieux en accompagnant directement les acteurs du secteur dans l'élaboration de stratégies commerciales durables. Résultat : des régions entièrement nouvelles ont été développées dans une optique de durabilité, offrant ainsi aux voyageurs la possibilité de vivre des expériences d'une grande
Comment vous y êtes-vous pris pour rendre mesurable l'engagement des fournisseurs, et comment communiquez-vous des exemples de produits positifs à vos revendeurs ?
Pour mesurer le niveau d'engagement de nos partenaires, nous utilisons des critères adaptés ainsi que des enquêtes régulières. Sur cette base, nous évaluons et classons nos partenaires en interne à l'aide d'un système de points. En matière de communication, il nous incombe de prendre l'initiative : les demandes directes de circuits explicitement durables émanant des grossistes (*mayoristas*) et des voyageurs restant l'exception plutôt que la règle, nous devons proposer ces produits de manière proactive et les rendre attrayants. Nous nous efforçons donc tout particulièrement de mettre en avant ces exemples positifs et ces partenaires dans nos propositions ainsi que lors de nos échanges professionnels (B2B).
Quels succès célébrez-vous ou, à l'inverse, y a-t-il des domaines où vous souhaiteriez davantage de soutien ?
Ce qui me procure le plus grand sentiment d'accomplissement, c'est de voir des années de travail acharné se traduire par des données concrètes et de constater que nos partenaires locaux prennent eux-mêmes des initiatives, car ils en comprennent la finalité. En revanche, j'aimerais assurément voir davantage d'initiatives et un engagement sincère de la part du marché international, notamment de la part des agences de voyage et des voyageurs. Il ne suffit pas de prôner le développement durable dans des brochures sur papier glacé ; les voyagistes et les clients finaux doivent activement réclamer ces produits. Il nous faut également dissiper l'idée reçue selon laquelle les voyages durables sont nécessairement plus coûteux — ce qui est totalement faux ; ils exigent souvent simplement une approche plus réfléchie au moment de faire ses choix.
Comment pensez-vous que nous pourrions faire en sorte que les voyageurs perçoivent la durabilité non pas comme un sacrifice, mais comme un véritable enrichissement ?
En cessant de présenter le tourisme durable comme une forme de sacrifice. Avant tout, les voyageurs recherchent un séjour inoubliable ; or, les offres durables permettent précisément de vivre une telle expérience, et souvent de l'enrichir encore davantage. Lorsqu'ils nouent des liens authentiques avec les habitants, s'immergent dans la culture locale ou découvrent des paysages naturels uniques, les voyageurs comprennent vite que la durabilité ne rime pas avec privation, mais avec enrichissement : plus de qualité, plus d'échanges humains et des souvenirs plus marquants. Ainsi, séjourner chez une famille Wayuu, explorer les lieux avec un guide local ou visiter un projet communautaire permet aux voyageurs de rapporter chez eux des expériences qu'un itinéraire classique ne saurait offrir. La durabilité cesse alors d'être le produit en soi pour devenir une composante naturelle d'un séjour authentique et enrichissant.
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